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Le Cri du Nord

Gabriel - période 2                                           page 35       

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Depuis quelques jours, Gabriel se levait pendant la journée lorsqu’il était seul dans le camp. Les première fois, il était tout étourdi et il était alors désespéré de la lenteur de sa récupération. Les jours suivants lui avaient toutefois démontré qu’il y aurait une amélioration progressive. Il regardait pas la fenêtre et voyait un monde de merveilles qu’il avait hâte de découvrir. Il voyait Rodney couper du bois, il le voyait partir avec son traineau pour aller chercher les lièvres capturés par ses collets. Il avait compris que la trail devait être assez loin puisqu’il partait pour la journée entière à tous les trois jours et revenait avec son précieux cargo. Il ramenait quelques fois du poisson, mais c’était de plus en plus rare. Gabriel ne comprenait pas pourquoi car il lui semblait qu’il y avait un lac pas trop loin et il savait que les Cris pratiquaient souvent la pêche sous la glace. Il n’avait pas beaucoup parlé jusqu’à maintenant, mais il devait commencer à communiquer avec eux et à les aider. Le problème était qu’il ne savait pas comment expliquer qu’il était là. Il avait peur qu’il ne croit pas qu’il ne se souvenait pas. Ce serait difficile d’expliquer cela en cri. Il se recoucha en réfléchissant à ce qu’il allait leur dire lorsque Rodney et Hattie rentreraient.
Comme d’habitude, Hattie fût la première à rentrer. Elle avait été chercher de la neige propre et fraîche pour la faire fondre et elle ramenait aussi du sapinage. Elle versa la neige dans une énorme casserole et la mit sur le feu. Elle s’affaira ensuite à enlever le sapinage défraîchi. Gabriel se leva alors et lui fit signe qu’il allait prendre l’ancien sapinage pour le mettre dans l’antichambre. Hattie fût surprise de le voir se lever si facilement, mais elle comprit tout de suite qu’il ne le levait pas pour la première fois. Elle accepta son aide et lui passa des ballots de sapinage au fur et à mesure qu’elle les enlevait du sol. Une fois que tout fût enlevé, elle s’affaira minutieusement à placer les branches les plus drues en dessous et les plus douces, sur le dessus. Elle surveillait le jeune du coin de l’œil. Il ne montrait pas trop de signe de fatigue. Elle le laissa donc prendre la ficelle pour faire de nouveaux ballots que Rodney transporteraient plus loin avec son traîneau. Après une quinzaine de minutes, tous les ballots étaient bien cordés et prêts à être placés sur le traineau. Elle vit alors que Gabriel se ressentait de cette reprise d’activité physiquement plus éprouvante que de se lever pour aller à l’antichambre pour faire ses besoins. Elle le vit aller s’allonger dans son lit. Elle s’affaira à terminer de placer son sapinage en le regardant de temps en temps. Cinq minutes n’étaient pas passées qu’il dormait déjà. Elle espérait qu’il ait compris que sa convalescence serait d’autrement plus longue que sa maladie avait été sérieuse. Il devait faire preuve de patience, mais la patience n’était pas une qualité innée.
Gabriel fût réveillé par l’odeur du ragout. Pour la première fois depuis des semaines, il constatait qu’il avait faim. Il sourit en réalisant qu’il avait retrouver son appétit. Il était couché sur le côté, face au mur. Il entendait Hattie qui fredonnait un air cri et il entendait Rodney qui sirotait bruyamment son thé. Il devait être l’heure du coucher du soleil, environ dix-sept heures. Il comprit soudain que les heures ne voulaient absolument rien dire ici, dans le bush. On comprenait mieux le passage du temps avec les changements de la nature, le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les arbres et la position du soleil dans le ciel. Il s’étira pour faire voir à ses hôtes qu’il était éveillé. Il entendait Hattie mettre les couverts sur la table. Cette fois, il se leva avant qu’elle ne lui amène son repas près de son lit. Hattie vit qu’il voulait venir manger à table et elle replaça l’assiette qu’elle était en train de servir sur la table. Elle lui fit signe de venir se joindre à eux. Il s’assied sur une buche qui servait de troisième chaise au besoin. L'odeur et le goût du ragout était apaisants. 
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Roman Fiction
Le Cri du Nord

Version numérique 

La vie dans une communauté autochtone du Grand Nord est-elle vraiment tel qu'on le pense? Les problèmes sociaux occasionnés par le traumatisme intergénérationnel  sont-ils vraiment aussi prévalents? Évelyne rêvait d'air pur, de nature et dune vie paisible. Avait-elle bien choisi? Ce qui l'attendait là-bas, au-delà du 49ième parrallèle, n'était peut-être pas ce qu'elle désirait et l'affecterait elle, et sa famille, pour toujours.

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© 2026, Dany L. Gauthier & Plume Blanche écrit

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